Plus d'information : www.portailtelesante.org
La dernière journée thématique du CATEL s’était tenue le 8 décembre. Pouvez-vous m’en parler ? Pierre Traineau : Cette journée, qui réunissait un groupe de réflexion et de formation, était la 25ème du genre : soixante personnes ont ainsi débattu de la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoires) et de ses conséquences sur le développement de la télésanté. Mais également des manières dont la télésanté pourra, elle aussi, favoriser la mise en place de cette loi. Les participants ont ainsi pointé quatre axes de la loi qui peuvent contribuer à la télésanté. D’abord la modernisation des établissements de santé, inscrite dans la loi et dans laquelle la télésanté, de par les nouvelles missions qu’elle implique, peut jouer un rôle important. Ensuite l’accès de tous à des soins de qualité, puisque la télésanté, en déplaçant l’expertise médicale et en proposant un outil permettant une meilleure collaboration entre les professionnels de santé, permettra de mieux prendre en charge les patients situés dans des territoires isolés et ceux souffrant de maladies chroniques. Pour le troisième axe, celui de la prévention et la santé publique, il reste encore beaucoup à inventer dans ce domaine. Internet y joue un rôle croissant, mais il faudra réfléchir aux moyens de mieux contrôler l’information sanitaire. Les bénéfices de l’Internet médical sont admis et reconnus de tous, mais les patients devront apprendre ses limites… Enfin, l’organisation territoriale du système de santé, et par conséquent les futures collaborations entre différents établissements, encouragées par la loi HPST, sont également favorisées par les nouvelles technologies comme la télésanté. Cette journée a donc permis de faire le point sur tous ces éléments, et de proposer de nouvelles pistes de réflexion. Justement qu’en est-il de la prochaine journée nationale, organisée le 18 mars ? Pierre Traineau : Ce sera la 10ème journée annuelle. Plus de 1000 personnes seront ainsi réunies par visioconférence, en France et dans d’autres pays francophones. Nous avons souhaité, cette année, reprendre l’intitulé de la loi HPST, en y ajoutant un sous-titre de manière à ouvrir le débat : « vers plus de mobilité, vers plus d’autonomie, vers plus de bien-être ? ». Quatre tables rondes seront organisées, sur l’organisation territoriale du système de santé, sur les évolutions des soins de ville et à l’hôpital, sur la nouvelle approche médico-sociale, et enfin sur les relations patients/médecins, allant de la prévention à la permanence des soins. Nous sommes également en train de réfléchir aux moyens de mieux faire connaître et d’aider à une mise en œuvre rapide des recommandations élaborées par la commission parlementaire Lasbordes sur le développement de la télésanté en France. La participation à cette journée est gratuite et ouverte à tous, il suffit de s’inscrire sur le site du CATEL (www.portailtelesante.org). Son modèle économique est en effet assuré par les régions et les pays, qui vont par ailleurs y présenter leurs retours d’expérience en télésanté. La télésanté a t-elle réellement un avenir en France ? Pierre Traineau : Cela est évident, au vu des besoins importants de certains patients et territoires, et des réformes inscrites dans la loi HPST. 2010 sera d’ailleurs une année déterminante pour le développement de la télésanté, étant donné les différents évènements, en 2009, qui ont permis de lever certains blocages. Le rapport de la commission Lasbordes – pour lequel le CATEL a d’ailleurs été auditionné – comporte de très nombreux points positifs : de grande qualité, il a été élaboré en lien avec plusieurs ministères. Cette approche pluridisciplinaire, conjuguée à un affichage politique fort en faveur de la télésanté, permettront des avancées certaines dans ce domaine. Les quinze recommandations publiées sont en outre plutôt pertinentes, et la commission a réussi à tenir les délais pour leur publication. Est-ce que cette dynamique sera maintenue par les autres acteurs ? C’est effectivement la question sur toutes les lèvres, mais il est certain, en tout cas, que les membres de la commission sont déterminés à la maintenir. Il s’agit aujourd’hui, pour les politiques et les institutionnels, de prendre les décisions qui s’imposent, pour permettre la mise en œuvre de ces préconisations. Les décrets d’applications de la loi HPST, et notamment de son volet télémédecine, sont attendus à la fin du mois de janvier. Certains points, comme les modalités de rémunération des professionnels de santé et la répartition des rôles, doivent impérativement être définis. Mais l’attente des différents acteurs de la télésanté est forte, et ils sont prêts à s’investir pour permettre sa généralisation là où cela est nécessaire. Le CATEL, bien entendu, y apportera sa contribution.
Hospitalia : Justement, quels sont ces membres ? Pierre Traineau : Il existe quatre collèges pluridisciplinaires de membres constitutifs du réseau : celui regroupant les acteurs de la télésanté, qu’ils soient praticiens, soignants ou paramédicaux, et qu’ils soient issus du secteur public ou privé. Ensuite celui des industriels, couvrant l’ensemble de la chaîne des valeurs en télémédecine : opérateurs de télécommunications, équipementiers, concepteurs de dispositifs médicaux ou de matériel informatique, éditeurs de logiciels, cabinets de conseil, … Puis les laboratoires de recherche. Et enfin les usagers finaux, donc les patients représentés par leurs associations, mais aussi les collectivités territoriales. Ces dernières, notamment les territoires isolés, sont très demandeuses de services de télémédecine, qui permettent de pallier à la baisse de la démographie médicale. Les premiers efforts en termes de télésanté ont d’ailleurs été faits pour les Centres Hospitaliers Universitaires, alors que de nouveaux besoins se trouvent ailleurs. Il devient donc nécessaire, aujourd’hui, de viser aussi les territoires isolés, puis d’assister les établissements de soins de références pour qu’ils puissent mieux prendre en compte cette nouvelle forme de pratique médicale. Pour finir, j’ajouterai que le CATEL est également un réseau électronique, fort de 10 000 contacts.
Pierre Traineau Directrice Générale du CATEL
Pierre Traineau, Directeur Général du CATEL, une organisation dont la mission consiste, depuis sa création en 1997, de contribuer au développement de la télésanté en France, revient sur les actions menées par l’association en faveur de cette nouvelle technique.
RENCONTRE : LE CATEL
Hospitalia : Pour commencer, pouvez-vous me présenter le CATEL ? Pierre Traineau : Ce réseau, qui regroupe près de 600 membres à ce jour, est constitué de deux instances juridiques : d’une part, l’association CATEL à proprement parler, dont la mission est double, et d’autre part une entreprise coopérative, dont l’action fait suite aux deux métiers de l’association. Je m’explique : créé en 1997, le CATEL organise des sessions d’échanges, de réflexions et de formations, lors de rencontres thématiques (la dernière a eu lieu le 8 décembre 2009 à l’École du Val-de-Grâce à Paris) et d’une rencontre annuelle (qui se tiendra le 18 mars 2010). En 2000, une seconde mission lui a été adjointe, pour compléter celle du Club CATEL. Nous réalisons donc désormais une veille quotidienne, et établissons un état des lieux régulier sur les actions menées en matière de télésanté, en France et dans le monde, avec la constitution d’une cartographie dite CARTOSAN (pour Cartographie Nationale des Acteurs de la Télésanté), initialement commandée par le Ministère de la Défense, mais dont l’intérêt est également important pour d’autres acteurs publics. Cette base de connaissance regroupe l’ensemble des acteurs et des projets de télésanté en France, mais facilite l’accès aussi aux états des lieux des produits disponibles et des projets similaires menés dans le reste du monde. La partie associative du CATEL a donc essentiellement le rôle de « think tank » de la télésanté. Quant à l’entreprise coopérative, elle existe depuis 2008, et porte plus concrètement sur l’accompagnement opérationnel des territoires pour la mise en place de services de télésanté. Elle regroupe ainsi l’ensemble des activités d’assistance collective à maîtrise d’ouvrage, et permet l’instauration de différents partenariats publics-privés afin de mener ces projets à terme. Il faut savoir que, contrairement à d’autres innovations technologiques, la mise en place des services de télésanté est extrêmement complexe dans le sens où elle suppose la coopération de nombreux acteurs, et la prise en compte de contraintes économiques et juridiques nouvelles. D’où l’intérêt d’avoir un organisme qui propose un accompagnement des différents acteurs. L’ensemble des missions du CATEL a d’ailleurs été déterminé par les membres du réseau à leur demande.
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