Mardi 15 décembre 2009, à quelques mètres de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Un campus de l’Université Pierre et Marie Curie se trouve sur ce site et, ce soir, l’amphithéâtre F voit défiler une foule bien différente de celle, estudiantine, dont il a l’habitude. C’est que les médecins de l’AP-HP y organisent leur Assemblée Générale, et que les enjeux sont de taille.
RETOUR SUR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’AP-HP
Qu’ils représentent leurs pairs ou pas, ils sont nombreux à s’être donnés rendez-vous ce soir à l’appel du Mouvement de Défense de l’Hôpital Public (MDHP) pour faire le point sur la situation à l’AP-HP – où la révolte gronde -, et décider des actions futures destinées à freiner « l’acharnement du gouvernement sur le secteur public hospitalier ». En attendant le vote d’une motion, les orateurs se succèdent à la tribune pour en appeler de leurs vœux – pieux ? – « une logique de suppression des postes qui ne soit pas purement comptable ». Il faut reconnaître que la communauté médicale est inquiète, (« morose », avoue même un médecin) et que cette inquiétude est aujourd’hui le moteur du MDHP, qui n’en finit pas de prendre de l’ampleur. Chacun y va de sa petite pique, et les applaudissements ne faiblissent pas. Ainsi le Professeur Christian Richard, président de l’Intersyndicat des médecins, chirurgiens et biologistes des hôpitaux de Paris pointe l’action pour le moins caricaturale du Ministère, lequel réduit d’une main l’offre de soins et réquisitionne à tout va de l’autre pour vacciner la population contre la Grippe A(H1N1). Quant au Professeur Pierre Coriat, Président de la CME de l’AP-HP, il suffit qu’il cite la promesse faite par les tutelles (« Il n’y aurait plus, en 2010, de retrait d’emploi par saupoudrage technocratique ») pour que les rires fusent dans la salle. Le Président et le vice-Président de la CME, les président des CCM et les chefs de pôles ont donc confirmé leur engagement de démissionner « si des emplois soignants médicaux et non médicaux son supprimés sans justification ». Les points forts de la motion - Le regroupement des hôpitaux doit se faire en concertation avec la communauté médicale, et permettre de répondre aux besoins de la population, tout en maintenant le potentiel de recherche des établissements. Ce qui ne saurait être guidé par des critères de rentabilité – des investissements à hauteur des enjeux sont, au contraire, nécessaires. - L’approbation d’un dépôt de préavis de grève pendant 24h le jour de l’annonce de l’état prévisionnel des recettes et dépenses 2010 (vers la fin février 2010) si la suppression des postes sur des critères purement comptables continue, et si le plafonnement du tableau des emplois rémunérés est maintenu. La communauté hospitalière et l’ensemble de la population pourront alors accompagner en cortège les responsables de la CME, les présidents de CCM et les chefs de pôle pour la remise de leurs démissions collectives à la ministre de la Santé et à la ministre des Finances.
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